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Il faut que j’avoue. Maman a sacrifié beaucoup pour vous, mes filles d’amour.

Publié le 28 septembre 2018

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Écrit par Pricile De Lacroix

À la fin du mois de mai, j’ai probablement fait l’un des plus grands pas de foi de ma vie.

J’ai refusé les grosses bourses de doctorat qu’on m’offrait, et choisi de tirer un trait sur ce projet qui me faisait vraiment vibrer. Moi qui a donc ben besoin de m’accomplir, qui cherche toujours à atteindre les plus hauts standards de performance, qui ne s’imaginait pas pouvoir passer tant de temps que ça à la maison sans virer folle…j’ai décidé de penser à mon couple et à ma famille d’abord.

Tout ça n’était pourtant pas incompatible, la famille et le doctorat, tsé. Il y en a plusieurs qui y arrivent sans perdre la tête. J’ai d’ailleurs lu bien des belles histoires à succès pour me crinquer, dans les derniers mois. Mais mon amoureux m’a fait remarquer à quel point j’avais été difficile à vivre, durant la maîtrise, quand j’étais stressée, et quand j’avais des gros deadline à respecter. En plus, le décès de ma soeur m’a fait beaucoup réfléchir sur l’importance de prendre soin de ma santé mentale.

J’ai réalisé ma vulnérabilité, l’impact potentiel de mes choix personnels sur les gens que j’aime le plus, et j’ai aussi pris conscience qu’une partie de moi aspirait à une vie plus simple. Mais surtout, en réponse à une question très directe que je Lui ai posée, mon Papa céleste m’a clairement montré que ce qu’Il attendait de moi en ce moment, c’était que je me concentre sur mon couple, ma famille et ma relation avec Lui.

Pas de doc, pas de projets intenses, pas de moi, moi, moi. Juste la famille qu’Il me confie. Sur le coup, j’ai trouvé sa réponse ben poche. J’ai eu envie de faire comme si je n’avais pas entendu, ou de sortir un truc du genre « Arrière de moi Satan! ». Hahah! Tsé! Mais au fond de moi, je savais que la dernière année de transformation intense culminerait vers quelque chose de drastique dans ce genre-là.

J’écris tout ça, et j’ai un peu peur que ça sonne comme si la dernière chose au monde que je voulais, c’était de m’occuper de mes enfants. C’est pas ça. C’est juste que, comme je l’ai déjà mentionné sur ce blogue, je n’ai jamais pensé que c’était fait pour moi, être souvent à la maison; que la majorité de mes conversations, stimulations intellectuelles, préoccupations et défis, concernent des petites demoiselles de 0 et 2 ans.

Maman et ses 2 filles

Crédit photo : Studio Juzolie

Le secret pour y arriver

Voilà pourquoi, actuellement, ma plus grande prière, c’est que Dieu m’enseigne le contentement. C-O-N-T-E-N-T-E-M-E-N-T. Pas certaine que je savais épeler ce mot-là, il n’y a pas si longtemps! Mais maintenant, je souhaite sincèrement être heureuse et épanouie dans la simplicité, et être profondément convaincue que je n’ai pas une vie plate ou médiocre parce que je suis à la maison. Je souhaite devenir la femme et la maman que Dieu me demande d’être. Quand je pense à ce que ça donnerait, j’imagine une pub de j’sais-pas-trop-quoi où la maman se tient fièrement au milieu de son salon, tout sourire, la tête bien haute et le vent dans les cheveux, pendant qu’au ralenti, derrière elle, c’est le chaos…les trois enfants et le Golden retriever sont juste en train de tout détruire. Ça, ça serait la parfaite moi, au summum de la joie et du contentement dans sa vie familiale, peu importe les circonstances.

J’ai du chemin à faire, mettons. (Surtout que je n’ai pas encore de Golden retriever!!!)

Mais plus je médite et prie là-dessus, plus je commence à saisir le secret du contentement… et du vrai bonheur selon Dieu, en fin de compte! C’est de nourrir la reconnaissance.

Voir tout le beau autour de moi, toutes les grâces incroyables que Dieu me fait au quotidien, focusser là-dessus, et dire merci pour ça tous les jours, voire plusieurs fois par jour. En faire un réflexe, même.
Exemples.

  • Je trouve mon mari gossant, ou pas assez impliqué, ou pas assez romantique (c’est bien sûr PUREMENT fictif ici. Haha!)? Ben je remercie Dieu d’en avoir un (généreux comme personne et beau comme tout), parce qu’il y en a plusieurs qui prient activement pour que leur saison de célibat tire [au plus vite] à sa fin…et je me rappelle avoir été un bout de temps dans cette situation, d’ailleurs!
  • Je suis épuisée des crisettes de simili-bacon incompréhensibles de ma Mimi qui est entrée dans son terrible two depuis qu’elle a 20 mois? Ben je me rappelle qu’en fait, c’est une perle 90% du temps, que je suis bénie d’avoir une demoiselle en super santé et aussi allumée, et qu’en fait, je suis surtout privilégiée d’avoir un enfant tout court, parce que j’ai plusieurs amies qui ont dealé ou qui deal encore avec l’infertilité.
  • Je trouve que notre budget est serré et que je ne peux pas me gâter comme je voudrais quand j’en aurais besoin? Ben je remercie mon Papa d’avoir un mari travaillant qui a deux bonnes job, et un beau duplex avec une piscine pis un foyer extérieur (depuis le temps que j’en voulais un à moi!)…alors, de quoi d’autres ai-je vraiment besoin, pour vrai??
  • Je me regarde dans le miroir, et je trouve que le corps de ma jeunesse n’est plus du tout ce qu’il était? Ben je remercie le Seigneur pour toutes les parties que j’aime, et que mon mari aime 😉 pour le fait que c’est une super machine qui a pu donner la vie, et aussi parce que Dieu considère que je suis une créature merveilleuse! En plus, je peux me répéter qu’un jour, dans sûrement pas très longtemps au fond, j’aurai un corps glorifié là-haut que je pourrai aimer pour l’éternité. Ça, ça va être malade et ça me donne de la joie pour vrai!

 

La reconnaissance: l’un des remèdes à la frustration et la dépression

Il n’y a pas si longtemps, une personne qui a lutté près de 15 ans contre la dépression avant d’en sortir victorieuse, m’a dit que l’une des sources spirituelles les plus communes de ce mal, c’est l’insatisfaction profonde. Vouloir être ailleurs pour faire complètement autre chose, ne pas aimer sa vie et souhaiter ardemment en avoir une autre, mais avec un sentiment d’impuissance, d’incapacité à y faire quoi que ce soit. Je ne sais pas à quel point ça s’applique dans tous les cas de dépression. Mais en tout cas, il y a une chose dont je suis désormais convaincue : l’insatisfaction récurrente, c’est poison en titi. Pour tout le monde. C’est très dangereux parce que ça tue tout, en nous et autour de nous. En revanche, apprendre à être profondément heureux avec ce que Dieu nous donne, nourrir la reconnaissance chaque jour, ça peut être un excellent remède à l’envie de déprimer, de regretter, ou l’envie de regarder chez le voisin (ou sur sa page Facebook) et être jaloux, de penser à tout ce qu’on est en train de rater en ce moment et être en colère.

Je pense que ce n’est pas pour rien que la Bible répète non-stop qu’il faut être reconnaissant. Ce n’est pas du tout parce que Dieu souhaite entendre des « merci » sans arrêt pour flatter son égo. Il sait juste d’avance ce que notre cerveau humain risque le jour où on arrête d’être reconnaissant.

Les neurosciences tendent à démontrer que de pratiquer la gratitude au quotidien est un gage de bonne santé physique, émotionnelle et relationnelle, en plus d’aider grandement à surmonter les épreuves qui se présentent dans nos vies. Saint Augustin a aussi écrit, et j’aime beaucoup cette phrase : « Le bonheur, c’est continuer à désirer ce qu’on possède ». Mais la Bible, surtout, nous encourage à cultiver la reconnaissance en soulignant à quel point notre contentement et nos actions de grâce plaisent à Dieu.

« Contentez-vous de ce que vous avez; car Dieu lui-même a dit: Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point », affirme Hébreux 13.5. Être content en toutes choses, peu importe notre situation de vie (chouette ou ben ben poche), c’est possible, car on peut se rappeler que notre Papa veille à chacun de nos besoins et sait ce que notre coeur désire. Mais il semblerait que se contenter en disant « merci » de temps en temps ne soit pas suffisant pour connaître un bonheur durable. 1 Thessaloniciens 5. 16 et 18, qui indique « Réjouissez-vous toujours. Rendez grâces à propos de tout », démontre qu’il faut surtout cultiver un état d’esprit de reconnaissance en tout temps, que c’est une mentalité, une manière de vivre remplie de reconnaissance, qui nous protège contre l’envie, le ressentiment et l’impression que tout nous est dû.

En termes claires, la science et la Bible (pas incompatibles du tout) disent que si, comme mamans, nous pratiquons activement le contentement à travers la reconnaissance, nous serons pas mal plus heureuses dans nos tâches quotidiennes et nos défis, nous deviendrons vraiment plus d’agréable compagnie pour notre conjoint, nous serons des femmes inspirantes pour nos enfants, et en plus – cerise sur le sundae – nous plairons réellement à notre Papa céleste dans ce rôle crucial qu’Il nous confie.

Moi, en tout cas, ça me tente. Pas vous?

Et la suite?

Il faut que j’avoue que suis encore en processus de deuil de ce superbe projet de doctorat, et de cette vie d’avant vraiment stimulante. Mais j’ai aussi le coeur rempli d’espoir que Dieu me surprendra sur ce chemin, par la force qu’Il me donnera, Sa joie profonde, et une réelle créativité pour faire de notre routine familiale quelque chose de trippant. Je sais que je fais le bon choix d’investir autant dans ma famille, et dans mon caractère, par le fait même. Et je sais aussi au fin fond de moi que Dieu ouvrira des portes encore plus incroyables que le doctorat, le jour venu. Mais seulement le jour venu, choisi par Lui.

D’ici là, va falloir être patiente, ma belle! Les défis devant moi restent grands. Au moment d’écrire ces lignes, en pleine canicule, nous attendons notre deuxième cocotte dans moins de trois semaines…

Écrit par Pricile De Lacroix

Auteure, conférencière et prédicatrice, épouse de pasteur et maman de deux filles, Pricile est d’abord et surtout la fille de son Père, le seul pour qui et par qui tout a vraiment de la valeur.

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Beaucoup de femmes que je connais considèrent que le plus grand appel de leur vie est d’être mère et que de se donner à 110 % comme maman est le meilleur moyen d’honorer Dieu. J’ai entendu ces phrases encore dernièrement : « Ton plus grand ministère, c’est tes enfants! » et « Une mère devrait être à la maison avec ses enfants au moins jusqu’à ce qu’ils entrent à l’école! ». Ces affirmations sont sans doute assez vraies et sûrement bien intentionnées. Mais, chaque fois que j’entends de telles choses, je ressens un léger malaise, un petit je-ne-sais-quoi qui me chicote et sur lequel je n’arrive pas à mettre le doigt.

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