*La lectrice qui entame ce texte est priée de le lire jusqu’au bout, pour bien saisir la pensée de l’auteure!*

Les chrétiens m’énervent. J’ai du mal à les supporter, honnêtement.

Après avoir passé 33 ans dans différentes églises du Québec (avoue qu’avec tant d’expérience, mes statistiques sont sérieuses et crédibles!), j’en suis venue à la conclusion qu’assez souvent, les chrétiens sont aussi pires que ceux qui ne vont pas à l’église. Je sais, tu me trouves trash d’écrire ça. Mais je sais aussi que ça t’a déjà traversé l’esprit, toi aussi. Tu ne l’as juste pas dit publiquement.

  • Il y a ceux qui critiquent toujours tout et qui chialent sur des détails insignifiants.
  • Il y a ceux qui ont l’air tellement affligés de la vie que même moi, si je les observe trop longtemps, je commence à douter que Dieu peut nous rendre heureux et victorieux (!!)
  • Il y a ceux qui ont l’air super spirituels, mais dès que tu te retrouves dans leur salon, tu découvres qu’ils sont médisants, voire assez méchants envers les autres.
  • Il y a aussi ceux incapables d’être honnêtes et transparents sur leur défis, qui font comme si de rien n’était, et se permettent même de te lancer un regard plein de jugement si toi tu oses t’ouvrir un peu.
  • Il y a ceux qui sabotent les bonnes idées et les projets des autres, soit par jalousie ou juste par manque d’ouverture d’esprit. Leurs paroles sont du poison.

Souvent, je préfère être avec des non-chrétiens – les PAÏENS, comme diront certains en appuyant bien sur le mot et en y ajoutant un regard de dégoût – qui ont une vie parfois assez discutable. Oui, je préfère bien souvent leur compagnie, plutôt que de me tenir avec des chrétiens à l’esprit étroit, plein d’orgueil et super critiques, qui me déçoivent si souvent. Les païens au moins sont vrais, la plupart du temps. Pas de faux-semblant. J’ai plusieurs amies non-chrétiennes, et je les aime beaucoup.

Mais tu sais quoi?

Il y a un chrétien qui m’énerve par-dessous tous les autres.

En fait, c’est unE chrétiennE.

Moi.

Quand je me regarde franchement le fond du coeur, quand je pense à mes mauvaises attitudes et mon irritabilité récurrente, à mon égoïsme parfois pathétique, à ma grande difficulté à aimer profondément, patiemment et avec plein de grâce, à tout le p’tit change que ça me prend pour demander pardon, à mon indiscipline, à ma langue qui s’emporte beaucoup trop et qui blesse, et à toutes mes autres zones d’ombre dont je n’ose pas parler ici…je suis très loin d’être fière. Quand on se compare, on ne se console pas toujours.

J’ai déjà été beaucoup trop confiante et sûre de moi. Tsé, dans ma vingtaine fringante!!!

Mais quand Dieu a commencé à me révéler ce qu’il y avait au fond de mon coeur, que je me suis regardée honnêtement dans le miroir, et que j’ai vu mes placards plein de squelettes, j’ai commencé littéralement à me frapper le coeur, en larmes, en disant: « Seigneur, ait pitié de moi ». Je suis tombée de l’autre côté de la clôture. Même parfois au point de m’en vouloir et de trop repasser certaines erreurs dans ma tête. Certains événements qui datent d’il y a des années, quand j’y repense, me donnent encore le vertige. « Je ne peux pas croire que j’ai dit / fait ça! »

Puisque je haïs mes propres péchés et mes propres erreurs, consciemment ou inconsciemment, il est facile de pointer ceux des autres et de devenir la « police du péché ». Soit pour être certaine que tout le monde est dans le même bateau que moi, ou soit parce que ça détourne l’attention de mes manquements et me déculpabilise donc ben de juger et mépriser les autres, plutôt!

Et c’est exactement là où je veux en venir.

Quand les chrétiens me tapent trop sur les nerfs, je dois commencer à me demander ce qui cloche…CHEZ MOI. Quelle poutre dans mon oeil est-ce que je tente de faire oublier alors que je pointe du doigt la paille dans l’oeil de la voisine? (Matthieu 7: 1-5)

Mon attitude face aux autres parle beaucoup plus de moi, de l’état de mon coeur à moi, que de celui des autres.

  • Quand la serveuse échappe du café sur ma manche de chemise, et que je suis irritée au point de ne pas lui donner de pourboire…le problème n’est pas la serveuse et sa maladresse! Le problème c’est mon manque de compassion et de grâce envers elle.
  • Quand le gars qui me coupe en voiture me fait dire des gros mots devant mes enfants…le problème n’est pas le mauvais conducteur devant moi, mais mon oubli que ça m’arrive à moi aussi de faire pareil (je ne suis définitivement une conductrice distraite!), et que ce n’est clairement pas normal si des banalités comme ça parviennent à gâcher ma journée.
  • Quand j’ai du mal à dormir une nuit parce qu’une telle aurait dit ça, et que l’autre aurait réagit comme ça…le problème n’est pas ces filles-là, mais peut-être le fait que je me soucie trop de l’opinion des autres, ou que je veux tout contrôler, ou que je ne suis pas capable d’avoir des conversations difficiles pour m’asseoir avec ces personnes-là et régler les choses avec amour.
  • Quand la madame assise devant moi à l’église chante mal, s’excite trop à mon goût pendant les louanges avec sa façon de danser un peu bizarre (et que dire de sa jupe!!), et que tout ça m’empêche même de louer…le problème n’est pas la madame. Ben non! Le problème c’est clairement moi, centrée sur mon petit confort, mes petites préférences, qui oublie que je suis là pour fermer mes yeux et me concentrer sur Jésus. Pis en plus, Jésus aime assurément son authenticité, à cette madame. Alors malheur à moi si je deviens une pierre d’achoppement dans sa vie avec mon mépris!!!

Mais il y a une bonne nouvelle!

Dieu peut me changer.

Lorsque je suis honnête avec Lui et avec les autres sur mes défis (des amies de confiance, bien sûr), et que j’accepte d’être transparente sur mes propre manquements, Dieu commence à me transformer pour vrai en dedans. Il parvient par miracle (et quel miracle!) à faire du ménage dans mes coins les plus sombres.

Et ce qui est fabuleux, c’est que quand je commence à être transformée par en-dedans, mon attitude envers les autres change aussi. Soudainement, je suis plus patiente, plus tolérante, pas mal moins irritée ou pleine de jugements. Même face à ce qui me dérangeait le plus! Parce que je sais qu’au fond, je suis un peu pareille, et que si ça n’avait pas été de l’incroyable grâce de Dieu envers moi, je serais sans doute bien pire que la personne en face de moi!

Bref…tu as un problème d’attitude, car les autres te tombent sur les nerfs? Tu as du mal à les accepter et les aimer? Je comprend! Mais la source de ce problème se trouve définitivement à l’intérieur même de toi. Ça prend toute une transformation, et ça fait mal, je sais. Moi aussi j’ai la tête dure et des vieux pattern si souvent empruntés dans mon cerveau que c’est encore trop souvent un réflexe d’être la pire version de moi-même.

Mais ça, ça ne fait pas peur à Dieu. Il attend juste que tu sois honnête avec Lui pour pouvoir te transformer et te libérer!

Je termine avec ce passage qui ne cesse de me challenger à changer d’attitude, pour la conformer à celle de Jésus. C’est dans Philippiens 2:3. « …que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes », selon la version Louis Second, ou encore plus clair: « …dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-même », dans la version de La Colombe.

Ayoye.

Quel grand et quel puissant défi…assurément possible avec le secours de mon merveilleux Papa céleste!

*** Ce texte a été inspiré par ma lecture du fabuleux livre de Craig Groeschel « Confessions d’un pasteur ».

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