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Il faut que j’avoue. Je consulte une psy.

Publié le 29 octobre 2019

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Écrit par Pricile De Lacroix

Ben oui. Je l’avoue drette de même!

Mais j’avoue aussi que…alors que je me fais l’apôtre de l’authenticité et de la transparence des défis de la vie de maman (et de la vie en générale), j’y ai réfléchi quand même deux fois avant de me décider à faire cet aveu public, et écrire sur le sujet.

Parce qu’on va se le dire, dans le milieu chrétien, c’est tabou de parler de ça. Ça sonne pas spirituel pantoute, en fait. Faque, au mieux, on reconnait les grosses impasses dans nos vies, on accepte finalement d’aller voir un professionnel, mais on en parle juste à nos deux plus grandes chum en leur disant bien de ne pas le répéter. Au pire, on méprise l’idée même d’aller parler avec un psy, surtout s’il n’est pas croyant, tsé. Mais on ne va pas plus dans les groupes de relation d’aide / délivrance chrétiens. Et donc on garde nos bobos en dedans. Ou non, S’CUSEZ! On dit que Dieu va s’en occuper! Mais c’est drôle, ça sonne trop souvent comme une excuse pour ne pas aller au fond des choses.

C’est assez typique de la génération de mes parents, d’ailleurs, ce call-là: « Dieu va s’en occuper! ». Mais au final, on dirait que bien des blessures, et les affaires croches, ont en fait été camouflées sous d’épais murs de protection, ou des masques décorés à grands coups de positivisme. Et on pense que c’est suffisant, que les gens autour n’y voient que du feu. Mais, tsé, j’vais vous dire un p’tit secret: on voit toute!  Pour vrai, j’en ai tellement côtoyé des chrétiens qui ont une longue marche avec le Seigneur et l’équivalent d’une maîtrise en théologie à force d’écouter des prédications, de lire des livres et de participer à des groupes bibliques, mais qui pourtant, sont rongés par leur incapacité à pardonner, sont incapables de même nommer leurs émotions – donc encore moins de les gérer – et blessent tout le monde autour d’eux à force de répéter des vieux patterns de leur enfance non-réglés. Je le dis avec beaucoup de compassion, mais beaucoup de tristesse aussi. Parce que c’est triste en titi.

Faque. J’ai décidé que ça ne m’arriverait pas. J’assume le fait d’être une mère bien imparfaite. À fond même. Mais je pense que ce n’est pas suffisant. Ça devrait juste être la première étape d’un vrai processus de transformation. Reconnaitre qu’on a des travers, ok. En rire même un peu, ok. Mais chercher ensuite à régler ces travers, à se laisser transformer par Dieu qui nous appelle à marcher de gloire en gloire et à devenir continuellement la meilleure version de nous-même, c’est clairement l’étape qui devrait venir TOUT-DE-SUITE après.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai pas envie de faire subir mes défauts à mes filles, et que ça se répercute chez elles de mille façons qui risquent ensuite de les faire rusher dans leur vie d’adulte. Je pense même que c’est mon devoir de mère et fille de Dieu de tout faire pour être la meilleure femme, épouse, mère, amie, entrepreneure, et tout le reste, qui soit. Je ne veux pas, moi, être la cause du fait qu’elles iront peut-être chez le psy pendant des années.

(Haha! C’est ironique, mais bon!)

Il y a d’ailleurs ce verset que j’aime beaucoup, et qui m’y encourage:

« Nous donc aussi, puisque nous sommes entourés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée… » – Hébreux 12: 1-2

Cette nuée de témoins…il me semble qu’elle fait référence à ceux dans le ciel…mais moi, je pense surtout à tous ceux qui me regardent MAINTENANT: mes enfants, mon mari, ma famille, les gens de mon église et pas dans mon église, et toutes les personnes que je côtoie. Donc, si eux me regardent, j’ai le DEVOIR de rejeter mes fardeaux (genre, mes blessures du passé, mes mauvaises conceptions qui scrappent tout) et le péché dans ma vie (a.k.a. mon manque de maîtrise de moi, mon impatience et mon chialage, ma colère qui explose trop souvent) pour courir plus vite et plus longtemps (tsé, avec moins de poids sur les épaules, ça va pas mal mieux!) vers ce que Dieu a prévu de meilleur pour ma vie, et pour inspirer les autres autour de moi à faire pareil.

Bref, c’est pour ça que j’ai consulté après le décès de ma soeur. Mais ça, c’était facile à justifier et à assumer. On s’entend plus sur le fait qu’un deuil difficile nécessite quand même le coup de pouce de quelqu’un qui s’y connait. Ça m’a d’ailleurs beaucoup aidé. Et après 3-4 mois, je me suis sentie correcte pour poursuivre ma route. Mais depuis cet été, le besoin s’est fait sentir à nouveau. Cette fois, la raison est comme différente. Je vous épargne les détails, mais je résumerais ça en évoquant un mélange de colère fréquente slash agressivité, de stress chronique, et d’incapacité à lâcher prise. Un classique de mère imparfaite et fatiguée, quoi! Sauf que j’ai décidé que je voulais vraiment régler ça dans ma vie. Genre concrètement. Genre, pas de niaisage!

Ça ne m’empêche pas d’avoir une vraie vie de prière. Dieu pis moi, on s’parle souvent.

Pour moi, aller voir un psy et faire confiance à Dieu pour une transformation drastique de mon caractère…parce que souvent, ça prend un miracle…ce n’est aucunement incompatible. C’est comme croire que Dieu peut nous guérir d’une maladie, mais aller voir quand même le médecin, histoire de comprendre ce qui cloche. C’est comme croire que Dieu peut pourvoir pour nos finances difficiles, mais aller voir quand même un comptable, histoire de bien gérer notre argent.

Je pourrais partir longtemps sur le fait que je suis convaincue que Dieu veut qu’on soit capable de se montrer vulnérable, et aussi qu’on profite des talents / connaissances qu’il a donné à d’autres personnes. Il aime vraiment utiliser les êtres humains en général pour nous bénir, et c’est juste complètement stupide de s’en priver. Mais il me semble que j’ai déjà écrit là-dessus, alors j’arrête ici mon envolée!

Photo by Pratham Gupta on Unsplash

Bon. C’est sûr, ma psy, elle n’est pas chrétienne. J’aurais aimé en avoir une, mais le délai était trop long. Donc, c’est pas parfait tout le temps (tiens donc, comme moi!). L’autre jour, elle m’a dit un truc du genre: « Le devoir de rester marié toute sa vie a été inventé à l’époque où l’espérance de vie était quoi? de 45 ans?! » ….. *silence de malaise*…. Je me suis dis: « Bon, je pars-tu sur ce débat théologique? Je lui expliques-tu? ». Pis là, j’ai décidé que non. Mon 50 minutes était trop précieux! Alors j’ai laissé tomber, et j’ai changé de sujet! Haha! Mais ça n’empêche pas une chose: ma psy + le St-Esprit font un super duo vraiment hyper méga efficace. C’est comme si d’un coup, mon travail sur moi-même venait de passer à vitesse grand V. La psy m’aide à nommer les choses, à démêler le chaos dans mon coeur et ma tête, appointe des trucs que je n’avais pas vu, et amorce en moi des réflexions de feu! Le St-Esprit, ensuite, prend la balle au bond, continue le travail pendant la semaine en menant mes réflexions plus loin, en travaillant mon coeur, en me révélant d’autres choses aussi, et en faisant l’extra que la psy ne pourra jamais faire: le miracle nécessaire pour briser les chaînes!

C’est-tu pas beautiful ça? Je ne t’ai pas convaincue? Tu me juges quand même un peu au fin fond de ton dedans? C’est vraiment pas grave. Le point ici c’est: t’as des bobos dans le fond du coeur, des impasses, des trucs à l’intérieur de toi qui te pourrissent la vie et celles des autres? Tu as la conviction qu’il faut que tu te mettes sérieusement au travail pour vivre une vraie transformation pour enfin avoir une vie plus paisible et abondante? (J’espère que oui, parce que répondre non à cette question, c’est un problème, en fait…! Haha! (rire de malaise)). Mais tu refuses d’aller voir un psy, t’as vraiment mais vraiment pas les moyens, et y’a même pas de service de relation d’aide dans ton église? Ben alors, voici quelques autres suggestions, histoire que tu ne deviennes pas comme les vieux chrétiens que j’ai décris plus haut:

– Trouves-toi une série de bons livres sur le/les sujets qui te préoccupent (ça remplace pas ta Bible, on s’entend) et mets-toi sérieusement à l’étude, avec le coeur grand ouvert.
– Parles à des amies, des vraies, qui vont te challenger et à qui tu seras redevable sur une base très très régulière.
– Trouve-toi une mentor pour qui tu as de l’admiration et à qui tu voudrais ressembler et passe plein de temps avec elle. Pose-lui beaucoup de questions aussi.
– Mets-toi en mode « jases ben directes » avec Dieu…genre: « Qu’est-ce que tu veux changer en moi? Ça vient d’où, ça? Quel mensonge est-ce que je crois? Pourquoi je réagis comme ça? » et écoute les réponse, même si elles risquent de faire mal! Après, demande-Lui concrètement ce que tu devrais faire pour expérimenter une guérison (…tout d’un coup qu’Il te répondrait d’aller voir une psy, tsé!!!! Hahaha!!!!)

Blague à part, en quelques mots résumé, ce que j’essaye de te dire…

C’est comme pas négociable, à mon avis, de se mettre en mode croissance constante, quand on comprend à quel point Dieu veut nous transformer pour le mieux, histoire qu’on aime plus les gens autour de nous qu’on les détruise. Et aussi pour qu’on soit plus en paix avec nous et avec Lui. Si ce n’est pas une psy que tu choisis pour t’y mettre sérieusement, fais autre chose, mais fais quelque chose!

Je termine avec cette image que j’aime beaucoup, et qui me parle solidement depuis quelque temps.

À l’époque où il n’y avait pas de technologie pour purifier l’or, ce qu’on faisait, c’est qu’on chauffait l’or à haute température dans ce qu’on appelait un creuset, ce qui faisait remonter toutes les impuretés à la surface. Ensuite, on les retirait, puis on répétait le processus, encore et encore. Le moyen de savoir si l’or était enfin pur? L’orfèvre devait pouvoir se voir dans l’or comme dans un miroir. Intéressant, non?

C’est pour ça, le fameux verset « Examine-moi, Éternel, mets-moi à l’épreuve, purifie au creuset mes reins et on coeur » (Psaumes 26.2), ou encore la chanson qui dit: « Purifie mon coeur, rends-le aussi pur que l’or… ». Pour moi, c’est devenu clair cet été que j’étais dans ce processus-là, quand j’ai eu soudainement l’impression qu’il y avait (encore) beaucoup d’impuretés qui remontaient à la surface. Et mon mari en était un peu trop témoin. Genre, je l’avoue, c’était pas mal gênant. Pas facile de constater qu’il y avait tout ça semi-caché au fond de moi, que Dieu savait depuis longtemps, qu’Il m’aimait quand même, mais que clairement, Il me disait: « Là, c’est le temps de s’attaquer à ça! ». Et le but merveilleux, au fond? C’est que comme l’orfèvre, Dieu puisse me regarder et dire: « C’est beau ça! Je me vois enfin en elle! ». MON RÊVE, pour vrai!

Pis toi, t’en es où? Sur quoi tu te dis que tu devrais commencer à travailler activement?

Écrit par Pricile De Lacroix

Je suis la maman de la pétillante Noémie, cinq ans, et de la douce Léanne, trois ans. Mais avant elles, il y a eu une courte carrière de journaliste, un bac + maîtrise en histoire de l’art, des voyages et de folles aventures, dont la plus grande a été, il y a sept ans, le mariage avec mon incroyable amoureux Jean-Mathieu qui est pasteur principal à l'église de Saint-Honoré en Beauce. Je gère, en plus du joyeux chaos familial, une chouette entreprise en santé naturelle.

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Beaucoup de femmes que je connais considèrent que le plus grand appel de leur vie est d’être mère et que de se donner à 110 % comme maman est le meilleur moyen d’honorer Dieu. J’ai entendu ces phrases encore dernièrement : « Ton plus grand ministère, c’est tes enfants! » et « Une mère devrait être à la maison avec ses enfants au moins jusqu’à ce qu’ils entrent à l’école! ». Ces affirmations sont sans doute assez vraies et sûrement bien intentionnées. Mais, chaque fois que j’entends de telles choses, je ressens un léger malaise, un petit je-ne-sais-quoi qui me chicote et sur lequel je n’arrive pas à mettre le doigt.

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