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Il faut que j’avoue. J’ai dû apprendre à embrasser cette saison d’hiver dans ma vie…

Publié le 11 juin 2018

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Écrit par Pricile De Lacroix

Je ne sais pas pour vous, mais je pense que je n’ai jamais autant apprécié l’arrivée du printemps que depuis que je suis maman.

Parce qu’on va se le dire, les hivers québécois avec un enfant de moins de deux ans, c’est loin d’être si trippant. Soit il fait trop froid pour les petits poumons fragiles de notre précieuse progéniture, alors on reste encabané pendant des jours et on vire fou toute la gang, soit on essaye de se faire croire qu’un enfant de cet âge peut avoir du fun dans la neige, alors on prend des heures interminables à s’habiller en Inuit, en espérant que bébé ne s’impatiente pas trop, pour finalement rentrer congelés et en larmes (maman comme bébé) moins de vingt minutes plus tard!

J’ai dû apprendre à embrasser cette saison d’hiver dans ma vie

Si votre cas hivernal est moins dramatique que le mien, alors je vous lève ma tuque. Je suis pleine d’admiration pour ces mères sportives qui n’hésitent pas à faire du cardio-poussette à -25 en gardant le sourire (du moins, sur Facebook). Personnellement, j’ai jadis aimé l’hiver, à grands coups de sorties de ski alpin, de randonnées de raquettes, ou de soirées au spa nordique entres amies…mais je ne sais pas ce qui s’est produit en cours de route…tout ça n’est qu’un bien lointain souvenir. Je suis devenue une experte du cocooning devant foyer, avec doudou, boisson chaude, musique jazz et livre qu’on dévore en une soirée. Pas besoin de vous faire un dessin, donc, pour comprendre que cet hiver avec une mini-demoiselle, pour moi, ça n’a pas été du gros fun noir cette année. J’ai rêvé quotidiennement du jour où Mimi serait assez grande pour que je l’envoie jouer tu-seule dehors sul terrain en faisant des beaux be-bye par la fenêtre. Bref, comment dire? Y’était temps que c’t’hiver-là interminable finisse!!

Et justement, à peine le beau temps réapparu, Mimi et moi, on s’est sentie renaître. Je suis d’ailleurs fascinée de voir à quel point elle trippe ben raide à jouer dans la terre avec son grand-père qui jardine, à faire une collection des plus belles roches grises de notre entrée, à s’émerveiller devant absolument chacun des pissenlits et des corbeaux qu’elle croise, ou à aller glisser au « paaaaak » encore et encore jusqu’à épuisement (…de la personne qui l’accompagne). C’est beau pour vrai!

Au rythme des saisons

De toute évidence, il y a des saisons dans l’année qui sont plus faciles à apprécier que d’autres. Et dans nos vies personnelles, c’est la même chose. En tant que femmes, chrétiennes et mamans, les saisons se succèdent. Certaines sont beaucoup trop longues, ou parfois un peu courtes, mais elles sont assurément très différentes les unes des autres, apportant leur lot de merveilleux bonheurs ou de défis considérables (et des fois même, à l’intérieur d’une seule et même journée!!).

Peut-être avez-vous le sentiment, en me lisant, que c’est justement le printemps dans votre vie : vous venez de vivre une période roff, mais vous sentez que le vent tourne, que les choses s’améliorent, et tout parait plus facile et plus agréable. Peut-être êtes-vous même en été : depuis un bon bout de temps, ça va vraiment comme sur des roulettes, vous êtes ultra-épanouie, les portes s’ouvrent facilement devant vous. Ou peut-être est-ce l’automne : il y avait des couleurs magnifiques tout autour, mais vous voyez les feuilles tomber, l’air se refroidit, et vous pré-sentez que les choses risquent de se compliquer. La maladie est récurrente, votre santé mentale est particulièrement fragile, vous ne voyez pas le bout d’y arriver à la maison comme au travail, un des enfants vit des difficultés importantes à l’école et va probablement nécessiter une aide extérieure, les finances sont très précaires, le couple semble se diriger droit dans le fossé.

Pour ma part, malgré le beau temps dehors et la piscine qui sera bientôt prête dans la cours arrière (yéééé!!!), ma saison actuelle, c’est cet hiver que j’aime si peu. Les défis intenses qui sont venus avec la maternité (comme vous avez pu le lire dans mes derniers textes) et le deuil de ma petite soeur, s’accompagnent d’une incapacité à vendre notre condo depuis plus d’un an maintenant, et de gros défis dans notre vie couple (le deuil a cet effet phénoménal de faire ressortir les lacunes latentes d’une relation…). Il y a tout de même une petite accalmie actuellement. Après tout, durant l’hiver, il y a aussi la magie d’une belle première neige qui tombe doucement, ou la sublime pause bonheur du Temps des Fêtes. Mais je ne suis pas certaine que cette saison de ma vie tire encore à sa fin. Jean-Mathieu et moi attendons une deuxième petite fille pour le mois d’août. Ouin! Ça, je ne l’avais pas encore écrit ici. Ç’a été tout un timing, mettons, de vivre le début d’une deuxième grossesse, souhaitée mais rapide, en même temps que le départ de ma petite soeur. Et j’avoue que j’appréhende la suite. On m’a souvent dit que le plus gros choc, c’était de passer de bébé #1 à bébé #2. Notre routine si bien établie avec Noémie sera donc bientôt compromise! Un nouvel enfant est une bénédiction incroyable, je le crois profondément…mais j’avoue, il y a des jours où j’imagine le pire.

Embrasser sa saison

Pour continuer à tenir le coup dans cette tempête hivernale qui, je le réalisais dernièrement, dure officiellement depuis plus d’un an, j’ai commencé à livre un livre dont j’avais réellement besoin. « Inébranlable », de Stéphanie Reader, me donne l’impression, à chaque page, d’avoir été écrit spécifiquement pour la saison que je traverse. Et il m’a fait entres autres réaliser qu’il était grand temps que j’apprenne à embrasser de tout mon coeur cet hiver que je voudrais fuir à tout prix. Comprendre que c’est là que Dieu me place (et pas l’ennemi), l’accepter, le vivre pleinement une journée à la fois, pour ne pas juste y survivre ou foncer tête baissée, mais que cette saison fasse son oeuvre efficacement dans ma vie.

Car, écrit-elle à la page 52, « comme dans la nature, chaque saison que nous traversons apporte quelque chose de bon ». Et elle ajoute également, en guise d’encouragement, que « chaque saison passe, même si ça nous semble long », et que « la vie reprend toujours après une saison morte ».

Ça m’a vraiment fait du bien de prendre pleinement conscience de l’endroit exact où je me trouve, l’accepter enfin, choisir de l’accueillir pour le temps que ça durera, et apprendre peut-être même à vivre tout ça avec de plus en plus de joie!

Je ne sais pas si, comme moi, vous avez grandi dans une église et avez cru, sans trop le réaliser, que tout sentiment négatif, ou toute période négative, était à éviter au maximum. Pas à nier, mais juste à ressentir et à vivre le moins longtemps possible. La tristesse, la colère, la difficulté à pardonner, la déception, la peur ou l’anxiété, l’incompréhension, les remises en question majeures, la souffrance sous toutes ses formes…tout ça n’était pas très « chrétien » dans ma tête. Après tout, Dieu n’est-il pas censé donner la paix, et la joie, et l’amour, en tout temps? En tant que bonnes croyantes, ne sommes-nous pas supposées refléter la gloire de Dieu à travers notre vie, démontrer au quotidien que c’est un Dieu de victoire à qui rien n’est impossible? Avec une telle conviction, jusqu’à tout récemment, j’avais tendance à vouloir fuir le négatif au maximum. Et donc, face à une saison hivernale qui se prolonge, à percevoir beaucoup trop de noir au fond de moi, au point de devoir aller chercher plusieurs formes d’aide dans et en dehors de l’église, je commençais sérieusement à me demander ce qui ne tournait pas rond dans ma vie spirituelle « pas hyper victorieuse ».

Puis j’ai compris que Jésus lui-même, comme la Bible le dit, était un « homme de douleur habitué à la souffrance » (Ésaïe 53: 3), et que Dieu « ne dédaigne jamais un coeur brisé et contrit » (Psaumes 51:17). Le laid ne lui fait pas peur, ne le repousse pas, même s’il perdure. Au contraire, Il s’y intéresse profondément, l’accueille, et prend soin de notre coeur tant que c’est nécessaire, comme un Papa incroyablement bienveillant. J’ai même allumé dernièrement sur le fait que, si Dieu ne voulait pas nous voir assumer nos malheurs trop longtemps, il n’y aurait assurément pas le livre (interminable, disons-le) des Lamentations dans la Bible!! Alors pourquoi, en tant que chrétiennes, nous imaginons-nous parfois être épargnées de ces mêmes périodes de larmes, ou nous cachons-nous d’éprouver des sentiments négatifs plus de deux secondes? Les souffrances font parties de la marche de tous croyants, comme ça été le cas pour Jésus, et ne s’effacent pas toujours du jour au lendemain à grands coups de prières miraculeuses. C’est bien souvent le contraire, même. On s’entend, bien sûr, ça ne veut pas dire de se complaire dans la douleur, la ruminer jour et nuit, et ne jamais chercher le secours de Dieu qui peut et qui veut nous secourir. Mais ça veut dire qu’on a quand même le droit de pas feeler pendant un certain temps.

Donc, puisque je ne peux pas m’en sauver, pourquoi ne pas accepter pleinement cette saison dans laquelle je me trouve? Et choisir volontairement la persévérance. Choisir d’avoir une attitude de guerrière. Mettre un pied devant l’autre, coûte que coûte, en me disant que cette saison me rendra un jour comme le titre de mon livre : inébranlable. Josué 1: 9 le dit d’ailleurs assez clairement : « Ne t’ai-je pas donné cet ordre : fortifie-toi et prends courage? Ne t’effraie point et ne t’épouvante point (en d’autres mots: ne te laisse pas abattre, ne baisse pas les bras), car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras ».

Si je reste enracinée en Dieu, fortifiée par sa parole et sa présence, la persévérance et la capacité à devenir plus forte au terme de cette saison est pleinement accessible.

Je souhaite de tout coeur que vous soyez actuellement dans une superbe saison de votre vie et que ce texte ne vous parle pas particulièrement. Haha! Dans ce cas, accueillez votre saison de bonheur en étant pleine de reconnaissances et en savourant chaque instant. Mais il est possible que, comme moi, vous soyez une maman dans une période éprouvante de votre vie. Vous vous demandez comment vous allez faire pour tenir le coup à la maison dans les prochaines semaines. Vous en avez vraiment marre de votre routine plate ou de votre chaos monumental. Vous êtes épuisées, à bout des crises répétées de votre petit dernier, en cruel manque de soutien ou de répit, ou juste pu capable de votre vie que vous n’avez pas voulu ainsi. Alors permettez-moi de vous encourager de tout mon coeur à choisir volontairement d’être persévérante et inébranlable face à votre tempête de neige. Reconnaissez que c’est cette saison-là que vous devez affronter, et dans laquelle Dieu vous place, en sachant d’ailleurs très bien ce qu’Il fait. Rappelez-vous qu’elle ne durera pas toujours, mais que d’ici là, notre Papa céleste promet de marcher avec vous et vous appelle à être solidifiée, transformée pour toujours. Ainsi, comme la deuxième lettre aux Corinthiens le dit, vous serez certes « affligées à tous égards, mais non pas réduites entièrement à l’étroit; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutées, mais non abandonnées; abattues, mais non perdues ».

Les plus grands héros et héroïnes de la foi ont fait face à de grandes adversités pour accomplir leur destinée. L’épreuve fait partie intégrante de la vie de la femme et de la maman croyante. Mais c’est l’attitude, et la capacité à s’enraciner en Dieu, qui fait toute la différence. Je prie sincèrement que comme moi, vous puissiez saisir de tout votre coeur cette promesse pleine d’espérance.

Je vous laisse sur deux citations que j’aime beaucoup et que je médite encore ces jours-ci… entre deux images de moi, les cheveux gras et les vêtements tachés, du café renversé partout sur la table de la cuisine, un mini-bébé qui hurle dans mes bras et une petite fille de deux ans qui fait toutes les bêtises du monde pendant que j’ai le dos tourné. Seigneur, aide-moi!!…

« Les difficultés préparent les gens ordinaires pour une destinée extraordinaire » – C.S. Lewis

« La vie est composée à 10% de ce qui t’arrive, et à 90% de comment tu y réagis » – Charles R. Swindoll

P.S. Je suis pleine d’inspiration ces temps-ci…j’ai déjà trois autres textes en cours de préparation, ouverts sur mon bureau d’ordinateur. Et je vous promets, ils sont pas mal plus joyeux. Je ne passerai pas encore des années à parler de neige, de tempête et de souffrance. Alors…continuez de me suivre! 😉

Écrit par Pricile De Lacroix

Auteure, conférencière et prédicatrice, épouse de pasteur et maman de deux filles, Pricile est d’abord et surtout la fille de son Père, le seul pour qui et par qui tout a vraiment de la valeur.

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Beaucoup de femmes que je connais considèrent que le plus grand appel de leur vie est d’être mère et que de se donner à 110 % comme maman est le meilleur moyen d’honorer Dieu. J’ai entendu ces phrases encore dernièrement : « Ton plus grand ministère, c’est tes enfants! » et « Une mère devrait être à la maison avec ses enfants au moins jusqu’à ce qu’ils entrent à l’école! ». Ces affirmations sont sans doute assez vraies et sûrement bien intentionnées. Mais, chaque fois que j’entends de telles choses, je ressens un léger malaise, un petit je-ne-sais-quoi qui me chicote et sur lequel je n’arrive pas à mettre le doigt.

Commentaires

3 Commentaires

  1. Annie pineault

    Oh douce Pricile! Comme ton texte me fait du bien. ?

    Réponse
  2. Mélanie

    Wow! Merci … si tu savais comment ça tombe à point dans ma vie, dans ma tempête de neige… Je pleurais à Dieu cet après -midi ne voyant pas comment je réussirait à poursuivre si l’hiver dans ma vie persiste…. Merci de ton encouragement et je te souhaite que ton hiver se transforme en été ensoleillé, pleine de fleur et de bonne odeur très bientôt 🙂

    Réponse
  3. Jacques Brouillard

    texte rempli d’un réalisme et d’acceptation que la vie chrétienne se vit avec ses joies et ses peines, ses chutes et ses restauration! Bien apprécié ta réflexion empreinte de sagesse et d’une maturité chèrement acquise!

    Réponse

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