Il arrive qu’une simple histoire change le cours des choses.

Cette fois, c’était une histoire imagée, même pas une trépignante histoire vraie! C’était celle de trois personnes qui trouvent la mort et se présentent devant Dieu.


  • Mes enfants, qu’avez-vous fait du temps que je vous ai donné sur terre?  leur demande alors Dieu.
  • Le premier homme s’avance.
  • Je t’ai servi de mon mieux Ô Dieu !  Je suis allé à l’église, j’y ai conduit la louange, j’ai élevé ma famille dans la droiture et j’ai été un homme fidèle.
  • Très bien, lui répond Dieu, et qu’en est-il de l’appel à la mission que j’ai placé sur ta vie ?
  • La mission ?  Oui, j’y ai pensé pendant une partie de ma vie, mais je ne voulais pas mettre ma famille dans une situation financière difficile…
  • Dommage, lui répond Dieu, j’avais préparé cette œuvre pour toi.  Des centaines d’âmes devaient venir à Moi par ton ministère…
  • L’homme courbe la tête, atterré par ce qu’il vient d’entendre.
  • Et toi ?  demande Dieu à la personne suivante.
  • Et bien moi, je me suis beaucoup impliquée auprès des démunis !  Je leur ai préparé des repas, des vêtements….
  • Et ta voisine ?
  • Ma voisine ?  Celle qui était malade ?
  • Oui, celle-là.  J’ai souvent parlé à ton cœur pour que tu ailles la visiter…
  • Je sais Dieu…  Mais dans mon quartier, c’est vraiment chacun pour soi.  Ça me mettait mal à l’aise.
  • J’avais préparé cette œuvre pour toi.  Je voulais que tu lui parles de moi avant son décès.  Elle aurait ensuite propagé cet amour à toute sa famille.
  • Le créateur tourne ensuite son regard vers la troisième personne.  La femme s’avance à son tour, craintive.
  • Je suis désolée Dieu, je n’ai vraiment rien fait de particulier pour toi.  J’aurais voulu m’impliquer davantage à l’église, mais j’étais très prise avec les enfants.  Je suis restée à la maison pour les élever et je n’ai pas été très utile…
  • La femme baisse la tête avec humilité, dans l’attente d’une réprimande.
  • Au contraire, renchérit aussitôt Dieu, tu as été une bonne et fidèle servante !  L’œuvre que j’avais préparée pour toi, c’était d’élever tes enfants avec soin et selon mes voies, de leur consacrer temps et amour pour qu’ils grandissent en moi.  C’est exactement ce que tu as fait !  Et cette œuvre, je te le dis, aura une portée éternelle.

Lorsque j’ai entendu cette histoire pour la première fois, j’ai aussitôt fondu en larmes.  J’imaginais si bien l’émotion de cette pauvre femme, convaincue qu’elle serait réprimandée pour ne pas en avoir assez fait…

L’impression de ne pas en faire assez est tellement répandue chez les mamans chrétiennes…  On se rend à l’église le dimanche, un poupon dans un porte-bébé et deux autres bambins accrochés à nos jupes, et on se sent coupable de ne pas s’être impliquée à l’accueil, de ne pas avoir participé à la retraite des femmes ou de ne pas avoir aidé lors de la corvée du printemps.  On passe notre temps à se dire qu’on pourrait en faire plus, à se regarder l’une et l’autre en se disant :  elle le fait bien, ELLE !  Il faudrait bien que je le fasse aussi…

Cette histoire m’a touchée profondément parce qu’elle nous rappelle que chaque personne a son appel.

Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.  Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.  Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.

Éphésiens 2 : 8

Faudrait ben que…

Nous n’avons pas à « pratiquer des bonnes œuvres » juste parce qu’il le faudrait bien !  Seulement l’important est d’être à l’écoute de Dieu pour savoir quelles sont les œuvres qu’Il a préparées exprès pour nous !  Et celles-ci sont différentes pour chaque personne.  Il n’y a donc pas de comparaison possible, nous ne devons pas nous mesurer les unes aux autres en fonction du temps que nous passons à nous impliquer, chacune a sa place, chacune a son appel et celui-ci peut être aussi simple et beau que de s’occuper de nos enfants.

Quelle libération de voir ainsi les choses !  Parce qu’alors, la pression tombe.  Et lorsqu’on décide de s’impliquer quelque part, on le fait parce que ça nous vient du cœur, et non par pression sociale ou par « faudrait ben que… ».

Une des plus grandes évidences qui ressort de la parole de Dieu, c’est le fait qu’Il se plaît dans les bonnes dispositions de cœur.  Lorsque nous nous impliquons dans des activités parce qu’il le faudrait bien, en ronchonnant intérieurement et en s’irritant, y a-t-il la moindre chance que notre service lui plaise ?  Mieux vaut rester à la maison et prendre du temps avec lui, question d’arrêter de se garocher partout comme des poules pas d’tête, et de chercher à connaître quelles sont les œuvres auxquelles Il nous appelle vraiment.

Lorsqu’une femme choisit d’investir dans ses enfants, il est évident qu’elle choisit la bonne part. Élever des enfants dans la vérité, l’amour, le pardon, la droiture, l’honnêteté, ce n’est pas une mince affaire et ça ne se fait pas en criant lapin !  C’est un appel en soi. Et il se peut que ça se fasse au détriment d’une belle plante-bande, d’un ménage impeccable ou d’une implication prenante à l’église….

L’autre élément qui me touche dans cette histoire est de voir le personnage de Dieu redonner ses lettres de noblesse au rôle de maman.  Nous avons souvent tendance à en diminuer l’importance.  Nous vivons dans un monde où les enfants sont souvent confiés à de tierces personnes et dans lequel les femmes qui décident de rester à la maison sont souvent perçues comme faibles ou paresseuses. Quelle tristesse !  Lorsqu’une femme choisit d’investir dans ses enfants, il est évident qu’elle choisit la bonne part. Élever des enfants dans la vérité, l’amour, le pardon, la droiture, l’honnêteté, ce n’est pas une mince affaire et ça ne se fait pas en criant lapin !  C’est un appel en soi. Et il se peut que ça se fasse au détriment d’une belle plante-bande, d’un ménage impeccable ou d’une implication prenante à l’église….  Je trouve parfois triste de voir que les jeunes mamans sont souvent les personnes les plus impliquées dans l’église alors qu’elles en ont déjà tellement sur les bras.  Comme si, pour une raison ou une autre, notre instinct maternel ne se limitait pas seulement à nos enfants, que le besoin de prendre soin se répandait un peu à tout le monde !  La culpabilité ne donne pas beaucoup de répit aux jeunes mamans, elle est toujours prête à jaillir et à siffler à leur oreille qu’elles n’en font pas encore assez.

Pour ma part, j’ai adopté comme indice le « y faudrait ben que… ». Dès qu’une pensée émerge en commençant par ces quatre mots, je la rejette aussitôt. BANG, d-i-s-q-u-a-l-i-f-i-é-e ! Je ne ferai pas l’accueil, l’école du dimanche ou la musique parce qu’il faudrait ben que…  Je le ferai lorsque j’aurai à cœur de le faire, lorsque j’y penserai la nuit tellement je souhaite m’y investir, lorsque je serai prête à y mettre non seulement mon temps, mais aussi tout mon cœur.

Attention, l’idée n’est pas de ne plus rien faire par devoir.  C’est sûr que des fois, il faudrait bien vider la poubelle et tondre le gazon…  Ce n’est pas de ce genre de choses dont je parle. Je parle des tâches pour lesquelles le cœur compte. Visiter une personne malade, cuisiner pour une maman qui vient d’accoucher, organiser un pique-nique avec l’église. Ce genre de choses qui sont vides lorsqu’elles sont faites sans amour, par devoir.

Ce n’est pas à tout le monde d’être partout, c’est plutôt à chacun de trouver sa place.

Je m’arrête ici.  C’est que, voyez-vous, il faudrait ben que j’aille partir une brassée et vider mon lave-vaisselle…

Photo par Nathan Dumlao on Unsplash

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