Par Valérie Boutet

L’amour incroyable que nous ressentons pour nos enfants m’a toujours fascinée. Au point d’en discuter fréquemment avec mes amis. Cet amour particulier que nous ne pouvons même pas imaginer avant de porter notre premier enfant… Sans même l’avoir vu, sans même l’avoir touché et bien avant d’avoir entendu ses premiers pleurs, dès la grossesse nous savons que quelque chose de grand et d’inconnu commence à grandir dans notre cœur : l’amour inconditionnel pour un autre être humain.

Dans son livre « Comment vraiment aimer votre enfant », le Dr D. Ross Campbell parle de cet amour inconditionnel qui est essentiel au développement de l’enfant. Bien sûr, la plupart des parents aiment tout naturellement leurs enfants. Mais notre capacité à leur faire ressentir un amour inconditionnel par nos paroles et nos gestes n’est pas acquise par le simple fait de les aimer. Riche de ses expériences en tant que psychiatre spécialisé pour les enfants et les adolescents et étant lui-même père quatre fois, le Dr Campbell est à même de proposer des outils adéquats et pertinents pour permettre aux parents de faire ressentir à leurs petits un amour fort et inconditionnel. Ses années d’expérience l’ont également amené à établir un lien direct entre les problèmes observés chez les enfants d’aujourd’hui et le fait qu‘ils ne ressentent pas suffisamment l’amour inconditionnel que leurs parents leur portent.

 

Comment vraiment aimer votre enfant

À moins que les parents aient avec leurs enfant une relation fondamentale d’amour, toutes les autres relations – discipline, amitiés avec les copains, performances scolaires – se feront sur un fondement faussé et des difficultés surviendront. (Campbell, 2000, p. 19)

Le riche bagage de l’auteur qui a travaillé pendant plusieurs années auprès de nombreuses familles, nous permet de découvrir des outils concrets fondés sur des expériences vécues. Pour Ross Campbell ce n’est ni l’école, ni le programme pour les enfants de l’église qui sont les éléments clés du développement de celui-ci. La maison est le premier lieu où il devra se sentir en sécurité et développer son identité.

Chaque étude que j’ai analysée indique que c’est le foyer qui remporte la victoire dans chaque cas. L’influence des parents l’emporte sur tout autre chose. C’est le foyer qui détermine largement le bonheur, la sécurité et la stabilité de l’enfant, ses formes de relations avec les adultes, les copains et les autres enfants, son degré de confiance en lui-même et dans ses capacités, s’il sera affectueux ou distant, ou comment il réagira dans des situations particulières. Oui c’est le foyer malgré toutes les distractions qu’a un enfant, qui exerce sur lui la plus grande influence. (Campbell, 2000, p.13)

L’amour inconditionnel

L’auteur définit l’amour inconditionnel comme suit :

Aimer un enfant peu importe ce qu’il est, peu importe son apparence, peu importe ses antécédents, ses limites et ses handicaps; peu importe nos attentes et surtout, ce qui est le plus difficile, peu importe sa conduite. (Campbell, 2000, p.34)

Le livre propose des moyens simples et efficaces qui permettent aux parents de déposer dans le cœur de leurs enfants la certitude qu’ils sont aimés inconditionnellement. Le cœur de l’enfant y est représenté comme un réservoir qui doit être rempli constamment par l’amour de ses parents afin d’être pleinement satisfait.

Ce n’est que lorsque le réservoir émotionnel d’un enfant est plein que l’on peut s’attendre à ce que cet enfant soit au mieux de son état ou qu’il agisse de son mieux. (Campbell, 2000, p.38)

Ce qui rend le livre encore plus vrai et inspirant ce sont les nombreux exemples que Ross Campbell présente où il a lui-même expérimenté l’effet positif des trois actions suivantes avec sa propre progéniture :

Comment vraiment aimer son enfant

/ 1 / Le contact visuel
/ 2 / Le contact physique
/ 3 / L’attention concentrée

Le contact visuel

Les yeux de l’enfant sont comme un tunnel qui se rend directement à son cœur. Notre façon de le regarder dicte naturellement la façon dont l’enfant se perçoit. Si je regarde mon enfant dans les yeux seulement lorsqu’il accomplit quelque chose de bien, je lui lance un message d’amour « conditionnel », qui varie en fonction de ses actions et de son comportement. Si je prends le temps de le regarder dans les yeux seulement quand vient le temps de le réprimander, sa perception du regard de son parent sera alors négative. Pour le petit, ce regard fera alors grandir une crainte qui se transformera en colère à l’adolescence. Nous devrions prendre le temps chaque jour de plonger notre regard dans celui de nos jeunes sans raison particulière. Accompagnés de paroles douces et réconfortantes, ces regards sauront créer dans leur cœur le sentiment d’être aimé profondément.

Nous ne pouvons jamais commencer trop tôt à donner à un enfant une affection continue, chaleureuse et soutenue. Il doit recevoir cet amour inconditionnel afin de faire face efficacement à notre monde actuel. Nous avons un outil simple mais extrêmement puissant pour le lui manifester. (Campbell, 2000, p.52)

Le contact physique

Ce chapitre est l’un des seuls dans le livre où le Dr Campbell fait une distinction entre les besoins affectifs des garçons et des filles. Il y fait aussi mention de l’importance du rôle du père (ou d’une figure paternelle) dans l’éducation des enfants.
Par contact physique, on parle par exemple de serrer un enfant dans nos bras, embrasser son petit front, lui ébouriffer les cheveux, toucher son bras, son épaule… lui donner une bine ?.

Des recherches indiquent que les bébés filles de moins de 12 mois reçoivent 5 fois plus d’affection physique que les bébés garçons. Je suis convaincu que cela est une des raisons pour lesquelles les jeunes garçons à partir de trois ans jusqu’à l’adolescence ont beaucoup plus de problèmes que les filles. (Campbell, 2000, p.56)

En prenant conscience de ce fait préoccupant, les papas peuvent faire les efforts nécessaires pour avoir plus de contacts physiques avec leurs garçons.
Souvent, même si c’est inconscient, les papas ont tendance à arrêter de toucher leurs petites filles lorsque celles-ci atteignent l’âge de 10-11 ans, alors que cette période est hyper importante pour la préparation à l’adolescence :

Les deux aspects les plus importants de cette préparation chez les filles concernent l’image de soi et l’identité sexuelle. (…) L’identité sexuelle pour elle, c’est de s’approuver et s’accepter en tant que femme. La jeune fille à cet âge acquiert les caractères heureux de son identité, principalement sous l’influence de l’attitude de son père (…) Un père peut aider sa fille à s’accepter en lui démontrant qu’il l’accepte lui-même. (Campbell, 2000, p.60-61)

L’attention concentrée

(…) donner à un enfant une attention totale et non divisée, de façon à ce qu’il sente, sans doute possible, qu’il est complètement aimé, qu’il a suffisamment de valeur en lui-même pour justifier un intérêt sans distraction (…) de la part de ses parents. (Campbell, 2000, p.65)

Ah! Ici perso, je l’échappe souvent… Combien de fois j’ai écouté une de mes filles avec « une demi-oreille » en regardant mon téléphone cellulaire tout en essuyant la vaisselle pendant que je fais cuire une soupe en pliant une brassée (lève la main si tu te reconnais !!!). Je déteste quand je fais ça et je m’efforce de créer des occasions où je devrai laisser tomber les quatre tâches que j’ai tendance à faire en même temps pour me concentrer uniquement sur mon enfant et ce qu’il a à me dire. En le regardant droit dans les yeux tout en lui flattant les cheveux. Non mais… tant qu’à être multi-tâches, soyons-le quand ça compte le plus ?!
Au moment où j’écris ces lignes, je reviens de deux semaines de vacances avec mon mari et les filles. On a fait le plein de moments de qualité. Les filles ont eu des tonnes de moments d’attention concentrée et je peux vous confirmer qu’elles sont à leur maximum de douceur, de gentillesse et de joie de vivre. Plusieurs fois par jour, j’ai droit à des giga-câlins et des « maman je t’aime » complètement gratis! Mon cœur est tellement rempli de joie de les voir si épanouies et en harmonie l’une avec l’autre. La différence entre leur façon d’être lors de ces moments de détente et lors des périodes de stress de la vie est drastique. Lorsque nous négligeons ces temps de qualité où nous offrons de l’attention concentrée aux filles, elles se querellent, elles sont bougonnes, on doit répéter 257 fois les mêmes consignes qu’elles finissent par exécuter en chignant… Lorsque leur réservoir d’amour est bien rempli, on peut tout de suite voir des changements dans leur comportement. Et ça, c’est sans compter le bien que nous procure ces moments de qualité à nous les parents. Quel bonheur d’apprendre à connaître nos enfants en les écoutant nous raconter leurs histoires ou leurs projets! (Le meilleur temps à mon avis pour les plus belles conversations: L’heure du coucher!!!)

Selon mon expérience, l’attention concentrée est le besoin le plus exigeant d’un enfant et nous, les parents, avons beaucoup de difficultés à le reconnaître et encore plus à le remplir. Nous pensons souvent que tout ce que nous faisons pour un enfant est suffisant. (…) La tentation est forte d’employer ces substituts car naturellement les faveurs ou les cadeaux sont beaucoup plus facile à donner et exigent moins de temps que notre attention. Mais on peut constater sans cesse que les enfants ne se sentent pas et ne se conduisent pas de leur mieux s’ils ne reçoivent pas cette denrée précieuse, l’attention concentrée. (Campbell, 2000, p.66)

Plusieurs autres excellents sujets comme l’exercice de la discipline et le rôle du parent comme aide spirituelle pour ses enfants sont abordés dans ce livre que je vous recommande fortement. J’irais même jusqu’à dire que chaque parent devrait lire et relire ce livre plusieurs fois. Pour ma part, j’en suis à quelques lectures et j’y retrouve à chaque fois des outils pour m’aider à exprimer de mieux en mieux mon amour inconditionnel à mes enfants.

Livre Comment Vraiment aimer votre enfant

Photo par Xavier Mouton Photographie on Unsplash

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